Professeur Frank Lestringant
Le Théâtre de la
Floride
Autour de la Brève narration des événements
qui arrivèrent aux Français en Floride, province d’Amérique, de Jacques Le
Moyne de Morgues (1591)
Les expéditions en Floride de Jean Ribault et René de
Laudonnière prennent place au début des guerres de Religion (1562-1565). Il
s’agit, à l’instigation de l’amiral de Coligny, de faire pièce à l’Espagne en
Amérique du Nord. Or c’est menacer la voie traditionnelle des galions qui,
chaque année, rapportent l’or et l’argent d’Amérique. D’où la brutale
intervention militaire de la fin de l’été 1565 et, sous l’action
expéditive de l’adelantado Menéndez
de Avilés, la liquidation de la colonie en quelques semaines. Les derniers
survivants sont traqués, égorgés ou faits esclaves. Les estimations varient
entre cinq cents et mille morts. Ce sinistre épisode a pour épilogue
l’expédition de représailles menée par Dominique de Gourgues contre trois forts
espagnols, dont la garnison est pendue en totalité.
L’ouvrage prend appui sur les images de Jacques Le
Moyne de Morgues, les quarante-deux gravures du second volume des Grands
Voyages de Théodore de Bry (1591). Pour la première fois est traduit du latin
en français le
récit de la
colonisation, suivie de la destruction de l’établissement.
Vingt-cinq ans après, les Indiens Timucua de Floride sont représentés à travers un ensemble de références aussi tardives que disparates, qui associent à la hache des Tupinamba du Brésil des détails venus des tuniques aztèques, telles qu’elles sont figurées dans le Codex Mendoza, ou des artefacts européens comme la hotte de vendangeur. Au total, la suite floridienne est un ensemble composite, mais nostalgique d’un monde embelli par le souvenir, qui replonge par instants le spectateur dans l’Éden des origines.
Vingt-cinq ans après, les Indiens Timucua de Floride sont représentés à travers un ensemble de références aussi tardives que disparates, qui associent à la hache des Tupinamba du Brésil des détails venus des tuniques aztèques, telles qu’elles sont figurées dans le Codex Mendoza, ou des artefacts européens comme la hotte de vendangeur. Au total, la suite floridienne est un ensemble composite, mais nostalgique d’un monde embelli par le souvenir, qui replonge par instants le spectateur dans l’Éden des origines.
Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2017, 280
pages, 35 €
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